Académie royale de Médecine de Belgique

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Discussion du rapport de la Commission chargée d'examiner le problème soulevé par le recyclage des médecins généralistes

            Cette commission était composée de MM. J. François, Z.M. Bacq, P. Bastenie, H. Van Cauwemberge et Ch. Chalant.

            M. Bacq, introduisant le débat, signale simplement que le rapport présenté a été admis à l’unanimité des membres de la Commission. Il espère que la discussion qui va s’ouvrir conduira également à une approbation.

            M. Titeca, Président, hésite à marquer son accord. Il pense que l’avis de l’Académie est demandé alors que le système de recyclage des généralistes est déjà en cours. Le but du rapport semble être simplement que l’Académie parvienne à favoriser le financement de ces activités. Or, c’est sur le principe même que M. Titeca marque son désaccord. Certes, il admet la nécessité du recyclage, mais quant à l’utilisation de la télévision, il est très hésitant parce que les démonstrations seront fatalement accessibles au public.

            M. Bacq explique alors les précautions prises pour que les médecins soient seuls tentés de voir et d’entendre ces émissions.

            - un bref échange de vues entre ces deux orateurs n’atténue pas la discordance.

            M. Lecomte intervient pour dire que l’indiscrétion qui serait commise sur le plan médical ne sera pas plus grave que les nombreux articles qui paraissent  dans la presse sur des sujets parfois très spéciaux et les informations qui abondent dans les prospectus médicaux.

            M. Titeca insiste néanmoins sur la possibilité qu’il y a de procéder au recyclage par d’autres procédés.

            M. Van Cauwenberge, se basant sur une expérience récente de participation, à Paris, aux entretiens Bichat et sur celle que lui ont donnée les Journées postuniversitaires de Liège, reconnaît que le procédé idéal pour la formation continue est le contact direct du médecin responsable de l’enseignement avec un petit groupe ou un auditoire pas trop nombreux. Cependant, devant la nécessité de s’adresser à des interlocuteurs éloignés et plus nombreux, les méthodes audio-visuelles en général constituent un précieux appoint à condition d’être utilisées sur de bonnes bases techniques. Il reconnaît, cependant, que le problème de discrétion soulevé par notre Président est important. Toutefois, le résoudre comporte des difficultés sur lesquelles l’orateur s’attarde quelque peu pour conclure qu’on ne peut pas refuser au recyclage des généralistes l’apport extrêmement important que constituent les méthodes audio-visuelles.

            M. Rijlant attire l’attention sur le coût élevé de l’émission sur antennes. Il pense que si on se livrait à une évaluation attentive, on se rendrait compte que la préparation de minicassettes serait d’un coût moins élevé.

            M. Bacq trouve la suggestion intéressante, mais objecte que tout organisme ayant des intérêts publicitaires pourra également faire réaliser des minicassettes, en organiser la vente, la location ou même la distribution gratuite aux médecins. Il considère comme un danger grave que la formation continue échappe complètement au contrôle des Facultés, des Sociétés de Médecine et des Académies de Médecine et coure le risque d’être exploitée à des fins publicitaires.

            M. Titeca suggère que l’on pourrait obvier à cet inconvénient par des mesures légales d’interdiction.

            M. Bacq pense que notre législation ne peut entrer dans cette voie.

            Après quelques remarques complémentaires faites successivement par MM. Vanbreuseghem, Bacq et Titeca, M. Van Cauwenberge reprend la parole pour souligner l’extrême importance de la formation continuée du médecin et il regrette que l’Académie n’ait jamais pris, sur ce point, une position très ferme. Il propose donc  de saisir nos autorités de tutelle afin qu’elles participent à la recherche d’une solution et à sa mise en pratique.

            M. le Secrétaire perpétuel se range à cet avis, d’autant plus volontiers qu’il estime que notre Compagnie livre, en fait, un combat d’arrière-garde. Le recyclage des médecins généralistes par les méthodes audio-visuelles est, dès à présent, institué avec le concours de l’Association pour le Développement scientifique (A.D.S.) et nous ne pouvons nous opposer à cet effort louable. Dès lors, il se demande si nous ne devons pas nous orienter vers une démarche auprès des autorités en vue d’obtenir un soutien financier d’un ordre de grandeur convenable, tout en disant qu’on espère que, dans un avenir prochain, on prendrait des mesures techniques telles que le grand public n’ait pas lieu de s’inquiéter de ces émissions.

            M. Rijlant recommande également de reprendre la proposition de M. Van Cauwenberge et de prendre position sur le problème essentiel qui est l’importance de la formation continuée. Ensuite, de demander à un petit groupe compétent de rédiger un texte envisageant les moyens d’application.

            M. Bacq apprécie cette proposition et, après avoir émis quelques réflexions, M. Van Cauwenberge accepte de résumer la note qui a été envisagée.

            M. Nizet marque son accord avec le point de vue défendu par M. Cauwenberge pour rédiger le document dont question ci-dessus.

Séance du 28 octobre 1972.